FLORENCE ETIENNE
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Le Collectif 11 Droits des Femmes est une association qui existe depuis 20 ans dans l’Aude. Elle est constituée d’individus et de représentant-es d’associations, partis et syndicats qui ont la défense des droits des femmes dans leurs statuts. L’association, qui ni local ni salarié-e, travaille à défendre les droits actuels des femmes, à les faire connaître, et à en obtenir de nouveaux.
Ses actions :
- organisation d’événements notamment pour le 8 mars et le 25 novembre,
- diffusion par mail, et via le site et les réseaux sociaux d’informations sur ce qui se passe autour des droits des femmes dans l’Aude,
- animations, informations et stands dans les centres sociaux, clubs de sport, maisons de retraite, lycées, hôpitaux…
- ciné-débats au Colisée à Carcassonne mais aussi dès que possible à Limoux, Castelnaudary ou ailleurs
- café féministe au café associatif l’Accolade à Carcassonne (le dernier jeudi ou vendredi de chaque mois).
instagram : @collectif11df
facebook : collectif 11 droits des femmes
« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Depuis des siècles, les petites filles sont élevées,dans les familles comme dans la société, avec le mariage et les enfants comme idéal. C’est la fin de histoires qu’on peut raconter aux enfants, la fin des comédies de Molière et des comédie romantiques, c’est ce que la majorité des petites et plus grandes filles voient autour d’elles.
La robe de mariée se doit d’être une robe de princesse pour ce qui doit être le plus beau jour de la vie ! Ensuite, passé l’album photo du mariage et les photos bien cadrées de ce grand jour, bien des femmes disparaissent souvent des photos de famille, puisque ce sont elles qui travaillent, charge mentale et charge émotionnelle, à prendre les photos des membres de la famille réunis.
Là où, dans les couples hétérosexuels, le costume du marié est souvent ensuite remis dans la vie de tous les jours, la robe de mariée a ce statut à part de robe d’un seul jour. Il marque un avant et un après. Il n’est souvent rapidement plus possible d’y entrer dedans, car ce qui est attendu par la société de la jeune mariée c’est qu’elle ait ensuite deux ou trois enfants, avec des grossesse qui changent le corps à tout jamais… et de toute façon, la robe de mariée n’est pas faite pour être reportée… à la rigueur, parfois, elle passe à la génération suivante, avec ou sans modification.
La robe de mariée est-elle ce qui lie les mains des femmes, ce qui crée les barreaux des femmes, outil outil puissant du patriarcat ? Fait-elle ployer les femmes sous le joug de celui-ci ? En fait-elle des saintes, qui supportent tout, qui sont capables d’être partout à la fois, de tenir tous les rôles ? Des femmes sans visage, mais rebelles de l’intérieur, des statues sans tête, des madones, des pietà, avec ce rôle de « femme de », et souvent de mère ? Si on ne voit pas, si on ne voit plus leur tête, celle-là même qui porte toute cette charge mentale, est-ce aussi que les rêves, les envies personnelles sont cachées, emportées, oubliées derrière le rôle à jouer ? Prendre en photo sa famille, danser avec les enfants, préparer leurs spectacles, accompagner au stade, au gymnase, à la piscine, attendre dans la voiture … et oublier que la photographie, la danse, le théâtre, le sport peuvent en tant qu’adulte, en tant que femme, être vécus pleinement, avec tout son esprit et tout son corps.
Car derrière et après le blanc immaculé des robes de mariées traditionnelles, le cœur des femmes bat, le corps des femmes bat. Et souvent, ce cœur, ce corps, ils saignent. Le sang des règles, souvent devenues régulières à l’âge, en Europe, de se marier, les ménarches déjà loin… mais aussi, parfois, de ces si mal nommées « fausses couches », les arrêts naturels de grossesse, ou encore des interruptions plus ou moins volontaires, plus ou moins médicales… Et revoilà le sang au moment de l’accouchement, et ce sang il est là, puis moins là, puis irrégulier, puis il s’en va ou plutôt cesse de couler de manière régulière mais pas sans avoir chamboulé le corps… bouffées de chaleur, brouillard mental, douleurs articulaires, angoisses, …
Et pourtant, dans le fond, dans les cadres, couleurs rock n’roll… la robe de mariée n’oblige pas en soi à l’aliénation… La maternité n’oblige pas à l’aliénation. Être sainte ou putain ? Choix extrême… Être soi… Créer un chemin à soi, une place à soi, avec ce corps, son corps, ses choix, et ceux qu’on se permet…
Elle s’aima et eut beaucoup d’amour ?
Texte de Claire Borde, à partir de l’exposition de Florence Etienne, 2 mai 2026